Jean-Claude BRON

2 au 26 Septembre 2004

Aquarelles
 

 
 A mon père
Bien sûr,j'ai été imprégné par le monde des aquarelles dès mon plus jeune âge.
Spécialement durant les vacances,pendant lesquelles mon frère et moi avons
baigné dans cette atmosphère !Mais dès ma plus tendre enfance,j'ai réalisé
que la vie d'artiste n'était pas faite que d'inspirations constantes,de couleurs
pastelles,de sujets parfaits et d ’effets faciles.Au contraire.Je me souviens très
bien du manque d'eau en pleine brousse provençale,de cette ombre si im-
portante qui fout le camp trop vite ou arrive trop tôt,de la marée qui monte ou
encore de l'âne qui se met juste devant le tronc d'arbre qu ’il avait tout
spécialement choisi.
Pour moi,en tant que petit garçon,il y avait encore bien d'autres incon-
vénients.Pourquoi marcher pendant trois heures,dans le fin fond des Alpes
maritimes,sous un soleil asphyxiant,pour y découvrir un vieille porte délavée,
plutôt que d'aller simplement jouir de ma journée sur les toboggans Goldorak
du parc aquatique ?Comment pouvais-je m'entraîner correctement à jouer au
football dans un champ bourré de chardons et de taupinières ?
Bien sûr,les excellents souvenirs,les magnifiques images demeurent :la longé-
vité étonnante des soccolis,le goût doucement sucré du sirop de grenadine,les
feuilles de figuier en guise de papier toilettes,le chapeau de paille,l ’iden-
tification aux westerns de Sergio Leone …
Au fil des années,j'ai remarqué que les souvenirs de ces journées se sont bien
installés dans ma tête.Je n'ai pas pour autant hérité d ’un talent particulier pour
le dessin,mais cela m'a aidé à découvrir et à voir la poésie du monde qui
m'entoure :l'arbre tordu par la vie,les reflets qui dansent dans la rivière,
l'odeur d'un orage en été,une main dessinant un geste presque parfait.
Ce sont là des choses simples et vraies qui nous font sourire,qui préservent la
fascination pour les grandes et petites beautés de ce monde.Et c'est grâce aux
toiles de Papa que je n'oublie pas cette optique qui m'est essentielle,et qui me
laisse entrevoir un monde un peu plus coloré.
Frédéric